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Bullet Journal: entre bien-être et course à la productivité il n’y a qu’une page.
2021-09-16

Bullet Journal: entre bien-être et course à la productivité il n’y a qu’une page.

Le Bullet Journal (ou BuJo pour les intimes), est une méthode d’organisation et de gestion de tâche,  entièrement personnalisable, à partir d’un simple carnet. 

L’idée a germé dans la tête d’un certain Ryder Caroll à la fin des années 1990. Diagnostiqué avec un trouble déficitaire de l’attention, il cherchait un système simple permettant d’optimiser sa productivité. Et c’est en 2013, qu’il se décide pour la première fois, à partager en ligne son concept de « Bullet Journaling ». Le mouvement est lancé !  Caroll lève 80 000$ de financement participatif, il est invité à donner des conférences et publie même un livre afin de promouvoir sa fameuse méthode auprès d’une communauté grandissante.

Comment ?

Le principe est simple: prendre un carnet et en quelques traits de crayon, le transformer en une sorte d’hybride entre agenda et journal intime. Entièrement personnel et personnalisable, le bullet journal permettrait d’améliorer l’organisation, au travers de nombreux outils tels que les « trackers » (suivis) ou encore les « task » (tâches). 

En bref, le journaling promet de rendre votre vie meilleure. Ou du moins, plus productive. 

Crédits: bulletjournal.com

Bullet journaling et santé mentale. 

Le succès récent des pratiques liées au développement personnel semble avoir largement aidé à populariser le concept de BuJo. Au coeur d’un climat anxiogène généralisé, le besoin de se recentrer sur soi et son bien-être psychique est devenu une priorité. Moins effrayant qu’un psy et moins cher qu’un coach en développement personnel, le Bullet Journal apparait comme un exutoire, un accompagnateur dans sa (re)construction. 

Par le biais de tableaux de suivis, de routines, l’objectif est de comprendre son propre fonctionnement. Dresser un bilan de soi, pour prendre pleinement conscience de ses comportements afin de modifier ses habitudes. Le bullet journaling invite à une auto-réflexion pour devenir une meilleure version de soi-même.

Après quelques recherches d’inspiration sur Instagram ou Pinterest, on se retrouve alors face à un flot considérable de comptes et photos d’adeptes du BuJo. Certains « outils » sont assez récurrents, à l’image des « habits trackers » (suivis d’habitudes) qu’on retrouve à toutes les sauces: suivi sportif, nombre de verres d’eau consommés, heures de sommeil, humeur du jour… Des « brain-dump » (vidage de cerveau) pour extérioriser par l’écrit ses pensées afin de « libérer de l’espace dans son esprit ». 

Définir des objectifs, tenir un journal de gratitude, permettrait de cultiver sa motivation. Prendre plaisir à cocher ces cases, rayer des éléments de sa to-do list offrirait un sentiment d’accomplissement et de réussite.

Crédits: @lili.plans @bujototheminimal

En soit la démarche est très positive. Mais jusqu’où ?

Car la course au bien-être semble rapidement se muer en une obsession malsaine à la productivité. Chaque fait et geste est noté, listé, analysé. Les trakers deviennent une source de pression, une to-do list qu’on garde constamment en tête. Et si par malheur, toutes les cases ne sont pas cochées à la fin de la journée, la culpabilité s’installe avec cette impression de n’avoir « pas assez fait » . Ces outils, à leur insu, accentuent une hyperproductivité toxique qui pousse à mettre chaque minute à profit, y compris les temps de repos. 

Cette mode du développement personnel à tout va nous pousse inéluctablement à une auto-comparaison. La recherche perpétuelle à devenir « la meilleure version de soi même », la course absurde à la perfection, qui passe souvent par la dévalorisation. 

Pour Tom Hodgkinson, fervent défenseur du « slow-living »:

« Nous créons des règles pour nous-mêmes et nous nous sentons coupables si nous ne les suivons pas. »

(L’Art d’être oisif dans un monde de dingue, 2017

Le phénomène de « That Girl ». 

Vous avez surement vu fleurir sur Tiktok ou YouTube un bon nombre de vidéos, vous expliquant comment en quelques étapes devenir « That Girl ». 

« That Girl » c’est l’idée qu’avec quelques habitudes saines et productives, vous pouvez devenir cette fille, celle qui vous fait rêver. Je vous la fais courte, That Girl c’est la synthèse humanisée de toutes les pratiques de développement personnel qu’on a vu passer ces 5 dernières années. 

Je me lève à 5h30 afin de suivre la Miracle Morning: un quart d’heure de méditation, vingt minutes d’écriture d’affirmations et de gratitudes, dix pages de lecture, une demie heure de sport face au soleil et une bonne douche froide pour réveiller ses cellules. Fervente adepte du jeûne intermittent, je ne mange rien de solide avant midi, mais me prépare un thé matcha (surtout pas de café, qui apporte trop de toxines au corps et à l’esprit à cette heure ci). Il n’est même pas 8h, mais je suis prête à travailler, ma matinée est rentabilisée. 

Quand l’amélioration de soi devient toxique.

Cette fixation excessive sur l’amélioration de soi, nous laisse croire qu’on peut toujours faire mieux. Une tache de plus dans notre to-do list, manger mieux (voire manger moins), faire plus d’exercice. Il n’y a rien de mal à vouloir s’améliorer, mais lorsque ce désir se transforme en obsession, ces systèmes d’organisation et de bien-être semblent s’avérer toxiques. 

Bullet or not bullet ?

Alors que faire? 

Ne pas perdre de vue l’utilité initiale du concept de journaling. Avant toute chose, le bullet journal est un outil d’organisation, qui permet de s’aider, s’épauler, voire de se soigner, mais en aucun cas il ne doit devenir une menace insidieuse à notre bien être.

Assurez-vous que vous le faites pour les bonnes raisons. Pas pour devenir « That Girl », pas pour les autres et encore moins pour vous culpabiliser, mais pour vous. Il n’y a pas de règles à suivre, chacun fait ce qu’il veut et surtout ce qui lui correspond. Et ça n’est pas parce que vous préférez dormir jusqu’à 9h30, ou que la méditation vous pompe l’air que vous n’êtes pas une bonne personne. 

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