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Débrayage historique chez LVMH : les salariés demandent une revalorisation de leur travail

Débrayage historique chez LVMH : les salariés demandent une revalorisation de leur travail

Jeudi 10 février, pour la première fois depuis 5 ans a été organisé un mouvement de mobilisation des salariés des ateliers LVMH. Sur les pancartes des manifestants on pouvait lire “métier formidable, salaire misérable”. En effet, les salariés réclament de meilleures conditions de travail et une revalorisation de leur salaire, qui n’est aujourd’hui que de 14€ par jour. Retour sur un scandale dans le monde de la haute couture.

« Appeler au débrayage chez Vuitton, c’est difficile, les gens ont peur d’être mal vus», indique Jean-Marc Damelincourt (FO) le représentant FO. Effectivement, lorsqu’on travaille dans le luxe une certaine pression s’applique aux employés, il est très mal vu par la direction que les salariés se mobilisent, surtout lorsque la grève est médiatisée ; cela pourrait nuire à l’image de marque du groupe. Et ça n’a pas manqué, dès les premières parutions de la nouvelle dans les journaux le groupe LVMH s’applique à faire disparaître les articles… Ainsi, une minute après la publication d’un article sur l’affaire dans le journal de mode Vanity Fair, celui-ci disparaît.

Ce fut pourtant une intervention minoritaire, suivie par 5,3% du personnel seulement. Cependant, compte tenu de la pression appliquée aux employés, c’est plutôt significatif.  À Asnière, sur les 600 personnes employées sur le site historique de la marque (fondé en 1854) c’est 130 personnes qui sont sorties pour débrayer. À Issoudun, plus d’une centaine de personnes sont sorties protester aussi selon la CFDT. Au total, c’est cinq des dix-huit usines de la marque qui sont touchées, les plus emblématiques : Asnières (Hauts-de-Seine), Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme), Sarras (Ardèche), Condé (Indre) et Issoudun (Indre).

Mais pourquoi débrayer ?

Le débrayage est l’appellation donnée à l’action par laquelle des salariés d’une entreprise quittent d’une manière concertée leur poste de travail pour faire grève. Chez LVMH les salariés ne sont sortis qu’une heure pour protester, dans un geste symbolique.

En 2021, Louis Vuitton enregistre des records de vente. Le chiffre d’affaires de la marque dépasse les 64 milliards d’euros (ce qui correspond à une hausse de 20% comparé à l’année précédente), ainsi qu’un bénéfice net de 12 milliards (+55%). Plus précisément, la branche mode et maroquinerie a assuré plus de 30 milliards d’euros de ventes au groupe en 2021 (+40% par rapport à 2019). Cependant le taux horaire d’un salarié Louis Vuitton ayant 15 ans d’ancienneté est de 14 euros. Les syndicats dénoncent « une réalité bien différente du côté bling-bling que les gens s’imaginent » en pointant « la pression exercée sur les salariés » ainsi que « taux d’absentéisme toujours plus conséquent » aux « cadences beaucoup trop importantes » exigées dans ces ateliers de maroquinerie. Les employés de production, embauchés au Smic, « plafonnent avec des salaires moyens » après 35 ans d’ancienneté « usés » par les cadences, expliquent la CFDT et FO.

De plus, la direction prévoit l’annualisation du temps de travail, avec la possibilité de varier les heures de travail en fonction des commandes. Au vu des prévisions, cela pourrait amener des salariés à travailler 48 heures par semaines, sans le bénéfice des heures supplémentaires. En réponse la direction de Louis Vuitton, principale filiale du groupe LVMH, envisage « un nouvel accord sur le temps de travail afin de réduire les heures supplémentaires ».

Ainsi après les conditions de travail des mannequins, c’est les conditions de travail des salariés du luxe qui se questionnent. Ainsi, le Made In France, même dans le luxe, malgré ses intérêts indéniables, n’est pas exempt d’abus socio-économiques.

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