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L’histoire du pantalon Capri
2021-09-20

L’histoire du pantalon Capri

Il fait aujourd’hui partie intégrante de notre garde-robe, pourtant son chemin jusqu’à nous fut semé d’embûches et de lois patriarcales. Retour sur l’histoire d’un pantalon, qui fera trembler l’autorité masculine.

Si jusque dans les années 40, le port du pantalon chez la femme est admis dans le cadre du travail ou l’intimité de son chez soi, il est loin d’être accepté comme tenue de ville. Couramment porté au sein des usines ou pour les travaux agricoles durant la guerre, le vêtement est purement utilitaire et pas très attrayant. Grossièrement copié sur les modèles masculins, il est en ces temps de restrictions, bien pratique de produire du « one size fit all ». Et puis, qu’importe, le pantalon chez la femme, est un vêtement de travail. Pour les autres occasions on recommande cordialement le port de la jupe. 

Néanmoins, pour toutes celles qui ont eu recourt au port du pantalon, il est indéniable que celui ci est confortable et pratique. Certaines décident alors de l’adopter dans la vie de tous les jours. Mais malgré quelques ajustements en terme de couleurs et textiles, la coupe reste sensiblement proche du vêtement utilitaire. Ce fameux pantalon n’est donc pas vraiment du goût de tous… Pour Vogue, même s’il est acceptable, il se doit d’être « Bien coupé et bien plissé » afin de paraître « Correctement féminin ! Pas taillé comme celui d’un homme, après tout, votre silhouette n’est pas la leur. » (Vogue US 1939)

Sur ce point, tout le monde est d’accord. Les femmes ne veulent pas du dressing de leur mari, elle veulent un pantalon, un vrai. Pensé pour elles, dessiné pour elles, mettant fièrement en valeur leurs jambes cachées durant tant d’années !

Crédits: Mady Rahl pour Sonja De Lennart 

Ce désir d’indépendance est également partagé par la styliste Sonja de Lennart. 

Elle ouvre sa première boutique peu de temps après la guerre en plein coeur de Munich, Le Salon Sonja. Après des années de rationnement, de garde-robe militaire et autres pantalons industriels, De Lennart a des envies de légèreté, de liberté ! En 1948, elle repense alors le pantalon, non plus comme un équipement utilitaire mais comme un habit de vacances idylliques. Plus long qu’un short, mais plus court qu’un pantalon classique, celui ci est pensé pour accompagner de longues balades les pieds dans l’eau, sans risquer de le mouiller ! La coupe est ajustée sur la jambe, sans pour autant être étriquée. La silhouette est élancée, assurée. À travers ce pantalon, Sonja de Lennart souhaite transmettre le sentiment d’insouciance de ses vacances sur la Riviera italienne de l’ile de Capri. Ce sont ces doux souvenirs balnéaires qui donneront le nom à sa première collection. Capri ! 

Les années 50 seront les années de gloire du pantalon Capri. Et c’est en partie grâce aux nombreuses célébrités qui le portent à l’époque, de Grace Kelly à Marilyn Monroe. Il est le symbole de la dolce vita italienne sur Audrey Hepburn dans Vacances Romaines, de l’élégance parisienne associé au pull noir ajusté sur Juliette Greco ou de la liberté un brin provocante en imprimé Vichy sur Brigitte Bardot. 

Crédits: Getty Images

Dans les années 60 aux États-Unis la petite histoire du pantalon Capri contribue, à son échelle, à la grande histoire du féminisme. Car c’est dans ce fameux pantalon et pas un autre que Mary Tyler Moore, décide d’interpréter le rôle d’une femme au foyer au sein de la série The Dick Van Dyke Show. Elle déclarera:

« J’ai demandé à ce que mon personnage puisse être en pantalon, car je savais bien que les femmes au foyer américaines ne portaient pas de robes à fleurs et de jupes évasées pour passer l’aspirateur dans leur salon. » 

Malgré un studio et des sponsors dubitatifs, le choix de Tyler Moore est accepté, pour 3 épisodes seulement. Mais le succès est immédiat et le personnage de Mary Tyler Moore révolutionnera l’image de la femme au foyer à la télévision, en contribuant à normaliser le pantalon dans la garde-robe féminine américaine. Les saisons s’enchaînèrent, et l’actrice ne quittera finalement jamais son Capri.

Crédits: The Dick Van Dyke Show

Les années 1970 apporteront le pantalon flare, qui efface toute trace du petit Capri sur son passage. Celui ci reviendra, ça et là, mais ne retrouvera jamais la popularité des années passées. 

Le pantalon aura habillé les jambes des plus grandes femmes, de Hepburn à Uma Turman. Il aura su offrir ce je ne sais quoi, cette nonchalance à l’italienne, qui se fout des codes et profite de sa vie au soleil de Capri. En quelques années seulement, De Lennart aura participé à la modernisation de règles vestimentaires dépassées. Et son pantalon Capri, s’invitant innocemment dans les foyers, aura permis un premier pas vers une timide émancipation des femmes. 

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