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C’est quoi le problème avec le coton bio ?
2021-10-06

C’est quoi le problème avec le coton bio ?

Entre des reportages mettant en lumière des pratiques désastreuses et un engagement grandissant en faveur de l’écologie, les consommateurs semblent de plus en plus en alerte quant aux conséquences des pratiques du secteur de l’habillement sur l’environnement. Les marques sont alors poussées à prendre position dans ce débat à coup de collection « Conscious » et d’utilisation de coton bio. Mais ce tee-shirt « conscious » a-t-il véritablement un impact plus positif sur l’environnement ? Derrière l’image de matière naturelle idéale, semble se cacher une problématique un peu plus complexe. 

Aujourd’hui on se penche sur le sujet du coton bio et toutes ses contradictions. 

Introduction générale du coton.

Le coton est une fibre naturelle issue du cotonnier, cultivée depuis des millénaires. Produite majoritairement en Inde ou en Chine, elle est aujourd’hui la culture textile la plus développée au monde; on estime sa production à près de 25 millions de tonnes par an. Et la demande exponentielle pousse inévitablement à une surproduction.

Naturellement le cotonnier se développe dans l’environnement chaud et humide des zones tropicales et subtropicales. Ne supportant pas les basses températures, le manque de soleil et d’eau, cette plante nécessite des conditions climatiques exigeantes. Lesquelles ne sont pas forcément au rendez-vous dans les pays où l’on souhaite produire en masse cette fibre tant désirée… La pousse du cotonnier demande une quantité d’eau très importante. Les industries n’hésitent pas à mettre tout en oeuvre pour recueillir le précieux liquide : assécher des lacs, détourner des rivières, puiser dans les ressources. Des pratiques qui ne sont pas sans conséquence sur la biodiversité. De plus, le coton est une fibre très fragile. Pour minimiser les pertes (pourtant naturelles dans le processus), les industries ont donc recourt à une utilisation de pesticides et d’engrais non négligeable. 

Vous vous en doutez, toutes ces techniques s’accompagnent forcément de graves conséquences sur l’environnement, mais également sur la santé de tous ceux qui cultivent ce fameux coton.

Crédits: FREDERIC J. BROWN / AFP

Et le coton bio dans tout ça ? 

Dans cette nuée de sur-production toxique, on trouve aujourd’hui des cultures protégées et strictement réglementées pour offrir un coton biologique de la terre à la peau.

Une culture exemptée de toute substance controversée ?

La culture du coton considérée comme biologique consiste à une culture sans engrais, pesticides et substances chimiques. Celle ci permettrait de préserver à la fois les resources naturelles (sols de culture, eaux et fibres produites) ainsi que les ouvriers qui y travaillent. Malheureusement, ce mode de production représente une part infime de la production mondiale de coton: on l’estime à 1% de la culture globale. De plus, le problème d’une telle exploitation, ne s’arrête pas à l’utilisation (ou non) de pesticides.

En effet, il n’est pas exclu qu’après récolte des fibres biologiques, celles ci rejoignent les mêmes usines de tissage que les textiles non certifiés. Elles subissent alors les mêmes traitements d’ennoblissement chimiques, afin de les teindre, ou de les adoucir, le tout arrosé de substances toxiques, bien loin d’une agriculture biologique. 

Parlons peu parlons labels. 

Dans cette immensité d’informations croisées, de coton bio mais pas trop et de marques pas 100% transparentes, il est compliqué de s’y retrouver. Il est tentant de se laisser aller aux simples appellations « bio » ou « conscious » pour alléger sa conscience. Malheureusement, celles ci sont régulièrement employées à tort, et relèvent souvent d’un greenwashing camouflé. 

Pour comprendre véritablement ce qui se cache derrière nos pièces de coton, on relève les manches et on s’arme de patience pour connaitre et repérer quelques certifications officielles en matière de textile. 

Il existe des dizaines de labels s’appuyant sur des règlementations différentes, dont les nuances sont parfois infimes voire un peu vagues et suspectes. Certains ne s’appliquent qu’à des critères environnementaux lorsque d’autres privilégient des mesures sociales. 

Pour vous aider à y voir plus clair, voici un bref résumé des labels les plus intéressants auxquels vous pouvez vous fier sans trop de doutes. 

G.O.T.S : Global Organic Textile Standard.

Ce label est une certification concernant exclusivement les textiles biologiques issus de fibres naturelles, comme le coton. Celui ci garantit un mode de production écologique et biologique au sein de la chaine de fabrication. La certification GOTS se décline en deux versions: GOTS attestant d’un produit textile contenant « au moins 95% de fibres biologiques certifiées ». GOTS (x%) attestant d’un produit textile contenant « au minimum 70% de fibres biologiques certifiées ». 

Il prend également en compte des critères sociaux et sanitaires, appliquant des exigences en terme de respect et d’amélioration des conditions des travailleurs (en association avec l’Organisation Internationale du Travail OIT). Elle est globalement la certification la plus complète ! 

Oeko-Tex 100.

Ce label est une certification concernant les textiles issus de fibres naturelles comme synthétiques. Il garantit l’absence de substances toxiques à risques pour la santé humaine sur le produit fini. Cette certification ne s’applique pas aux origines du textile et ne garantit donc pas du caractère biologique des fibres. Il peut cependant être associé au label GOTS afin de garantir d’une production écologique. 

Il est également important de relever que ce label ne tient pas compte des conditions de travail dans lesquelles ont été fabriquées ces matières. 

Max Havelaar.

Initialement consacré à l’agriculture alimentaire, ce label s’applique également depuis 2004 à la culture du coton en Afrique. La certification Max Havelaar garantit une production qui respecte des critères sociaux: une amélioration des conditions de travail ainsi que la garantie d’une juste rémunération des producteurs. Le coton est certifié sans OGM, mais celui ci ne certifie pas l’absence de pesticides.

Une emprunte carbone non négligeable. 

Maintenant que nous sommes au clair sur la culture, la récolte et la fabrication, il nous reste une problématique et pas des moindres.

En effet, avant de pouvoir poser bagages dans notre armoire, notre fameux tee-shirt en coton se lance dans un véritable périple autour de la planète. Après récolte de la matière première, celle ci est envoyée vers diverses usines qui viennent tisser, tricoter puis transformer cette fibre en vêtement. Chacune d’elle est bien souvent située à des kilomètres de la précédente, ce qui implique d’interminables transports par la route, la mer ou les airs. Ce long voyage jusqu’à notre boutique préférée (qui se chiffre en milliers de kilomètres) engendre une augmentation considérable des émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu’une pollution générale qui impacte la santé de millions de personnes tout au long de la chaine de production du vêtement.

Alors que faire ?

Ne plus acheter de coton quel qu’il soit pour limiter son empreinte carbone ? Privilégier des matières synthétiques utilisant moins de ressources mais qui relâchent des micro-particules dans nos eaux usées ? Aucune production textile n’est malheureusement parfaite, car la création d’une matière neuve nécessitera toujours des ressources en eau, en pesticides ou en carburant pour pouvoir venir jusqu’à nos boutiques. 

Prendre conscience de l’impact environnemental de sa garde-robe est un premier pas important dans une consommation responsable. Acheter moins, mais acheter mieux, faire durer, se tourner vers une production locale ou la seconde main. Une consommation vigilante et réfléchie, c’est peut-être ça la solution la plus éthique et écologique pour vos armoires. 

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